Le Monoï : un modèle de préservation du patrimoine polynésien

 

Recherche réalisée par Emmanuel BLUKER, Raitava MATEHA, Cyprien PETERANO et Vaiari UURA

Fabrication du mono’i – phase finale (Photo prise par Raitava Matehau, 14/04/2016, Papara)

 

Le monoï (mono’i) est une huile obtenue par la macération de fleurs fraîches de tiare Tahiti (précisément le Gardenia taitensis) dans de l’huile de noix de coco (provenant du Cocos nucifera). Sa fabrication traditionnelle est caractérisée par différentes étapes :

  • La récolte :

C’est la première étape qui consiste en la cueillette des deux éléments clés du mono’i. On récolte la noix de coco germée ou « uto », car il faut que le coco soit dépourvu de son eau et fermenté ; de même, on cueille des fleurs de tiare Tahiti fleuries. Enfin, on ramasse de gros bernards-l’hermite (on les trouve sur la plage ou au niveau des embouchures de rivières). Cette étape se fait la veille, afin de faciliter le travail d’après. Ainsi, pour une noix de coco, quatre fleurs et un gros bernard-l’hermite suffisent. Notons que le nombre de tiare ajoutées dépend du fabricant, car celle-ci ne sert qu’à donner le parfum unique à cette huile ; de plus, on privilégie les fleurs se trouvant sur le haut de la plante car les fleurs se situant au pied peuvent être abimées.

  • Le séchage des fleurs de tiare :

La veille au soir, on étale, dans un endroit sec et à l’abri des animaux, un tissu où l’on posera les fleurs de tiare et où elles reposeront toute la nuit. Ce processus permet aux fleurs de se dégorger de l’eau présente à l’intérieur de leurs pétales. Il faut savoir que la réussite du monoï dépend de l’absence d’eau. En effet, l’eau étant un élément incompatible avec l’huile, sa présence modifierait tant l’odeur que la texture du monoï.

  • Le mélange des ingrédients :

Au lendemain, on décortique le coco, on le casse en deux, on enlève le uto, c’est-à-dire le germe de coco puis on râpe la chair, en faisant attention à ne pas gratter le fond de la noix, dans un umete ou plat creux en bois. Ensuite, on prend le bernard-l’hermite, on l’extrait de sa coquille en sifflant doucement, puis dès qu’il sort sa tête, il faut l’attraper en veillant à immobiliser ses pinces. Après, on l’extirpe complètement de sa coquille puis on lui arrache l’abdomen, que l’on pressera afin de récupérer les entrailles, qu’on mélangera avec le coco râpé afin d’accélérer le processus de fermentation. Puis on récupère les fleurs de tiare en veillant à ce qu’elles soient dépourvues d’eau, on regarde alors si la fleur est de couleur marron et un peu sèche au toucher. Si, par contre, celle-ci est d’une couleur transparente, c’est qu’il y a de l’eau, on ne l’utilise donc pas. Enfin, on ouvre les tiges de fleurs avant de les mettre dans la préparation, ce qui permettra de faciliter l’incorporation du pollen avec les autres ingrédients.

  • L’exposition au soleil :

Après le mélange de tous les ingrédients, on dépose le umete au soleil en journée, puis on le ramène dans la maison, dans un coin sec pendant la nuit. On répète cette phase plusieurs jours de suite afin de récolter l’huile qui sera produite.

  • Étape facultative :

On peut simplement rajouter du lait de coco ainsi que des tiare afin d’augmenter la quantité de l’huile.

Le mono’i nécessite une grande observation par rapport à la période de préparation, En effet, la saison sèche polynésienne, entre novembre et avril, est la période la plus convenable pour fabriquer l’huile. Le jour du mélange est très important : le beau temps est obligatoire afin qu’il n’y ait pas d’humidité dans la préparation.

La tiare Tahiti est le composant primaire du réel mono’i. Robert Peretia, un artisan fabricant de monoï traditionnel dit que l’on peut utiliser tout type de fleurs odorantes, sans sève, mais la tiare Tahiti reste la plus favorable à la fabrication du mono’i.

Fleur de Tiare Tahiti (Gardenia taitensis)

Noix de coco (Cocos nucifera)

                 

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