Le ‘orero, un patrimoine oral à transmettre

Dans les établissements scolaires, l'art déclamatoire a pour principal objectif de faire revivre la culture traditionnelle chez les plus jeunes, qui sont le plus souvent touchés par l’oubli. Grâce à cet art, l'enfant peut renouer avec ses traditions, sa langue, sa culture et donc tout ce qui fait son identité polynésienne. Ainsi, dans les classes, il peut avoir des « cours de 'orero » au cours desquels les enfants sont chargés de déclamer devant toute la classe puis ensuite vers un public plus large. Par ce biais, il est possible de permettre à l'enfant de vivre le 'orero et d'acquérir une certaine indépendance, de la confiance en soi et la fierté de représenter sa culture. Cette expérience enrichissante valorise la langue polynésienne car l'enfant discourt dans sa langue maternelle. On voit dans ce dispositif une volonté de préserver et de transmettre un patrimoine jadis à son apogée et qui désormais est en déclin.

Le 'orero sert aussi au rapprochement des différents archipels par l'intermédiaire de ces concours. On a une sorte de cohésion des îles à travers la volonté de promouvoir la langue et de rappeler l'historique orale polynésienne. Ce rapprochement permet des interactions entre les archipels, dont les cultures sont diverses bien que familières.

Quant aux concours organisés lors du Heiva ou du 'Orero i Tahiti, la population s'y intéresse davantage, ce qui permet de propulser les événements sous les projecteurs car ces prestations sont médiatisées, télévisées. Le 'orero retrouve une nouvelle fois du rayonnement même si son influence est faible. Ces concours permettent de découvrir une large palette du patrimoine linguistique et des discours aux multiples langues, aux diverses histoires et légendes héroïques. Il faut souligner que ces rencontres n'opposent pas les orateurs et leurs langues maternelles, il s'agit de démontrer l'originalité et le caractère exceptionnel que chaque langue renferme. C'est montrer avant tout que la Polynésie regorge d'un patrimoine oratoire et et d'une richesse orale tellement denses qu'il faut pouvoir les faire perdurer et les transmettre.

Pour conclure nous pouvons dire que ce patrimoine oral commence à revivre : il faut pouvoir la transmettre et c'est par le biais de ces actions diverses, que la société en assure la transmission. La difficulté reste quand même présente car , en effet, on peut penser que cela ne perdurera pas. Deux difficultés se présentent :

  • le français est utilisé couramment dans les foyers, même si le tahitien reste ancré chez certaines familles très attachées à la culture tahitienne.
  • Le programme scolaire pour l'apprentissage du 'orero ne concerne que les établissements primaires ainsi, une fois le cursus terminé pour ces élèves, ils ne le retrouveront pas dans les établissements secondaires.

La redécouverte de ce patrimoine n'a pas pour but de retrouver son authenticité car, comme on l'a vu, il s'est transformé en un art. La société d'aujourd'hui souhaite promouvoir le 'orero, tout en l'actualisant, pour qu'il reste un patrimoine vivant.

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