D'où le tapa vient-il ?

  • Le Tapa à base de Mûrier de Chine

 

Selon les écrits de Anati, le mûrier à papier (aute) proviendrait de l’Asie-du-Sud-Est dans l’Antiquité (Laroche, 1979 : 264). Les îles hautes étaient plus propices à la culture du aute, d’où l’inégale répartition du aute dans le Pacifique. (Laroche, 1979 : 264). La culture du aute se révèle importante dans les sociétés ancestrales ,«…plantés dans des vergers entourés de profonds fossés destinés à les protéger des animaux et surtout des chèvres sauvages qui étaient très friandes des feuilles de ces arbuste. On en plantait également en des lieux sacrés, proches des marae, pour la fabrication d’étoffes destinées au service des dieux» (Laroche, 1979 : 264). Aux temps anciens la culture du tapa pouvait être soumis aux règles du tapu (interdiction sacrée). Le tapa de aute avait la particularité d’être le plus fin et le plus blanc (Laroche , 1979 : 264).

 

  • Le Tapa à base de Uru

On fabrique aussi le tapa avec l’écorce de uru. La fabrication du tapa à uru est associée à la déesse Hina que l’on nommait: Hina tutu-ha’a (Hina la batteuse de tapa)  (Laroche, 1979 : 264). Le tapa de uru est plus épais, sa couleur se rapproche du tapa blanc à base de mûrier de Chine. Selon Laroche, le tapa de ‘uru était parmi le plus recherché dans les usages religieux (Laroche, 1979 : 264). À Raiatea, deux endroits étaient associés à la déesse Hina : Ahu pi’uou’u et Tuturaa haa a Hina  (lieux où Hina battait le tapa, situés non loin du marae Taputapuatea à Raiatea) (Laroche, 1979 : 264). Les prêtres tahitiens portaient des ceintures en pu’u pu’u (écorce du ‘uru) lors des services ordinaire du marae, qu’on appelait maro-uo (ceinture blanche) (Henry, 2004 :159). Le pu’u pu’u étaient préparé que par les opu-nui , les hommes les plus forts et les plus foncés de peau qui étaient choisis par les prêtres tahitiens, (Henry, 2004 : 158).

 

 

 

  • Tapa a base de ora

http://devonhouse.blogspot.com/2009/07/tapa-cloth-nowadays-we-have-become.html

L’écorce du ora (banian) produit une étoffe de couleur brun foncé. Ce tapa très utilisé dans la vie quotidienne (Laroche, 1979 : 264). Il a l’avantage d’être imperméable à l’eau (Laroche, 1979 : 264). Encore une fois, la déesse Hina joue un rôle important dans la cosmogonie polynésienne. Elle serait à l’origine de la naissance du ora : «Les ombres de la Lune, séjour préféré de la déesse, étaient celles d’un banian dont les branches fournissaient l’écorce dont elle faisait le tapa pour les dieux. Une légende raconte  qu’un jour elle cassa une branche de l’ora qu’elle habitait dans la Lune et la laissa tomber non loin du marae d’Opoa à Raiatea où elle donna naissance au premier banian» (Laroche, 1979 : 264). Selon les mythes polynésiens, Hina aurait donné naissance au dieu Oro sur le marae d’Opoa. Pour cette raison, le tapa de ora était considéré comme le plus apte à recouvrir les grandes statues qui se trouvaient sur le marae .(Laroche, 1979 : 264).

 

 

 

 

 

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