Le tapa et le sacré chez les anciens Polynésiens

  •  Le Tapa sur les Marae

 

 

Il est difficile de recueillir des informations sur la Polynésie ancestrale en raison du faible nombre de sources écrites. Les ouvrages Tahiti aux temps anciens de Teuira Henry  ou les mémoires de Arii Taimai, renseignent sur le fonctionnement des marae (espace religieux polynésien)  et le rôle du tapa. Les serviteurs du marae royal étaient du opu-nui,  des hommes forts au physique parfait (sans malformation ou handicap) (Henry, 2004 : 158). Ils avaient le privilèges de cuire leur nourriture sur le feu du marae et pouvaient manger une partie des offrandes des dieux (nourriture) (Henry, 2004 : 158), ils étaient autorisés à porter le tapa brun sacré qui menacerait le commun des mortels de cécité à cause du mana de ces étoffes (Henry, 2004 : 158).

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  • Les opu-nui  les fabricants du tapa sacré apa’a 

Les opu-nui entretenaient le marae, les plantations de aute  qui servaient à fabriquer le apa’a : «tissus épais parfumé avec du jus de plantes aromatiques» (Henry, 2004 :158). En temps normal, le battage du tapa est une activité réservé aux femmes, cependant la fabrication du apa’a était réservé aux opu-nui qui étaient des hommes. Lorsqu’il fabriquait ce tissu, ces derniers le faisaient sous le clair de lune pour travailler sous le regard de la déesse Hina qui était aussi leur patronne (Henry, 2004 : 158). C’est pour cette raison que le apa’a était très sacré et qu’il était réservé à l’usage des dieux. Le apa’a  était conservé dans le fare-ia-manaha (abri) du marae, sa manipulation exigeait certaines règles comme cette chanson récitée par les opu-nui lors des manipulations .

C’est la tenue que revêt le tahu’a  (prêtre) lors de la cérémonie funéraire d’une haute personnalité de la société ancestrale polynésienne. 

Ce costume a été offert à James Cook lors de son second passage à Tahiti en 1774. 

 

Le plastron est réalisé avec du tapa et orné de nacre, de coquille d’huître perlières. 

La jupe en tapa est décorée avec des médailles taillées dans la coque de coco. 

 

 

Chanson récitée par les opu-nui lors battage du tapa

 

E ruru, e ruru tuatua

 

Ia tae mai te varovaro O ta’na i’e e!

 

O hi’i ma epa epa

 

Homai ei puro’u

Ei fa’ano’ano’a a te fenua o

Ro’o te roro’o,

A nini te aitu

 

Oi , Oi

Oi roro va unei e !

 

O rouleau (de tissu), ô immense rouleau

 

Qui vint avec le son de son maillet!

 

C’est pour soigner, pour donner repos, repos,

 

Pour donner comme enveloppe

Pour parfum dans le pays de

Ro’o le chanteur prieur

Pour laisser les Dieux aller et venir

 

Presque subjugué, subjugué,

Vaincu je suis!

 

 Extrait de Teuira Henry, 2004 : 159)

 

Tenues de danseuse et de deuilleur dessinés par Tupaia