Le tapa, patrimoine du quotidien des Polynésiens d’hier et aujourd’hui

Recherche réalisée par Julienne KAI TCHEONG , Mehiti TAMU  et Vincent D’AMOURS.

 

Le tapa est une écorce battue. C’est une pratique ancienne qui existe dans le monde  et qui a différentes appellations selon le lieu où il est fabriqué : a’ëu, ka’ëu, eu’eu, ahu ‘enata (Marquises), käreu (Tuamotu), parëu (Iles de la Société), köpiro (Mangareva), kapa (Hawaii), lavalava (Fidji) ou lava (Wallis).

En Polynésie française, le tapa est pratiqué principalement par les habitants de Fatu Hiva, une île isolée des Marquises qui se situe à  1 600 km de Tahiti, à laquelle on n’accède aujourd’hui que par bateau. Le tapa est aujourd’hui un savoir-faire en voie de disparition. Nous nous sommes intéressés au tapa de la Polynésie française et avons voulu savoir comment il est parvenu jusqu’à chez nous à Tahiti, comment il était fabriqué au temps des premiers contacts, à quoi il servait et comment il est mis en valeur aujourd’hui.

 

  • L’aire de répartition du Tapa

 Pour retracer le processus migratoire du tapa vers la Polynésie Française, il faut d’abord trouver son point d’origine. En recherchant les écrits sur le sujet, on ne parvient pas à trouver où le tapa est apparu en premier. La situation est complexe et les chercheurs ne s’entendent pas sur la question. La raison principale de cette mésentente repose sur le fait que l’utilisation d’écorces battues dans la réalisation d’étoffe est dispersée sur une surface incroyablement vaste. En effet, on retrouve des textiles de type «tapa» dans les Amériques, en Afrique, en Asie-du-Sud-Est, en Indonésie et en Océanie (Anati, 2005 : 12). Il y a deux théories qui existent à ce jour : «…une invention unique ayant précédé un phénomène de diffusion, ou au contraire que des inventions parallèles se soient produites en différents lieux…» (Anati, 2005 :16). Par conséquent, il est impossible de remonter à l’invention du Tapa.

 

  • La migration du Tapa en Polynésie

Il est possible de retracer l’entrée du tapa en Océanie. Le principal arbre utilisé comme source d’écorce est le mûrier à papier (mûrier de Chine). Cet arbre est originaire d’Asie et a donc requis une intervention humaine pour se retrouver en Océanie : «Ce mûrier qui nécessite d’être cultivé et arrosé fut probablement importé par les navigateurs et colonisateurs qui ont peuplé le Pacifique à partir du deuxième millénaire av. J.-C.» (Anati, 2005 : 22). On peut donc supposer que l’art du tapa était connu par les futurs peuples polynésiens avant que leurs ancêtres ne migrent dans le Pacifique. Les peuples qui ont pratiqué ou pratiquent toujours la culture du tapa . Une culture encore est très répandue en Océanie.

 

 

 

 

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