Le tapa, un objet du quotidien pour les anciens Polynésiens

Dans la société ancestrale, le tapa était très présent dans la vie quotidienne. C’était une activité organisée. Il y avait des plantations d’arbres à tapa (en particulier le mûrier de Chine) à proximité des habitats. Elles étaient entretenues par  les hommes. Les femmes se mettaient à plusieurs sous la direction d’une meneuse pour battre le tapa. Le tapa servait  à faire des vêtements et permettait les échanges. Il avait aussi un caractère sacré sur le marae et apa’a (tapa sacré) était fabriqué par les  opu-nui  (hommes choisis par des prêtres, cf : tapa sur le marae).

 

  Dans la vie de tous les jours, le tapa était utilisé pour la confection des vêtements, des couches des nourrissons, des couvertures, des tapis, la fabrication des voiles, l’ornement des fare (maison) autant de choses qui constituaient la richesse et le patrimoine privé de la femme.

 

 

Le tapa pour les grands événements de la vie

 

Le tapa était  au long de la vie du Polynésien de la naissance à la mort.

Dès sa naissance, l’enfant était déposé sur un morceau de tapa spécialement confectionné pour le recevoir.

Lors d’un mariage, le couple était couvert d’un tapa confectionné pour l’occasion. A la fin de la vie, le tapa servait pour envelopper le défunt.

Pour ces occasions, on utilisait les tapa les plus beaux et de la meilleure qualité. Parmi les plus raffinés, celui de uru (arbre à pain) est blanc et celui de örä (banyan) est brun. Il peut être teint et parfumé (pipi) aux essences de racines (‘ëna, safran d’Océanie, Curcuma longa), rhizomes, écorces, feuilles ou graines. Lorsque l’apprêt est accompagné de prières, il devient alors ä’euëna (tapa sacré).

 

 

Le tapa le lien entre les hommes et les dieux 

 

  Le tapa servait de lien entre les groupes sociaux et les dieux, ce qui lui donne un sens profond. » (Emmanuel Anati, L’art du tapa).

Il était utilisé comme monnaie d’échange. Lors d’une construction d’une maison , les anciens Polynésiens négociaient la construction contre des dons : des cochons , des longueurs de tapa, des huiles, des nattes.  ( Journal de Morisson, p 134)

 

L'utilisation du tapa était donc multiple et était omniprésente dans la vie des Polynésiens d’antan.

 

 

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