Tatoueurs, techniques, outils

Ceux qui avaient l’ambition de maîtriser l’art du tatouage étaient le plus souvent mis en apprentissage chez un maitre-tatoueur que l’on appelait un tuhuna. Ils étaient plus rarement instruits et initiés par un membre de la famille, même si cela pouvait arriver. Lorsque ces apprentis étaient jugés aptes à pouvoir tatouer, ils recevaient un bon salaire et disposaient d’un grand prestige au sein de la communauté. La profession de tatoueur faisait partie intégrante des activités du peuple polynésien, assurant ainsi aux tatoueurs un rang élevé dans la communauté puisqu’ils faisaient preuve d’une grande habilité, d’un grand talent d’artiste et pratiquaient les rituels rattachés à la cérémonie du tatouage. En revanche, ils n’avaient pas le droit d’innover dans les motifs sous peine d’être conduis devant un tribunal de maîtres-tatoueurs. Ils devaient ainsi mettre en pratique des dessins précisément fixés et déterminés par la tradition.

Götz, Cécile Koessler, Richard Allouch, Tatouage polynésien d'hier et d'aujourd'hui, Papeete, Pacific Promotion Tahiti, 2008

 

Les instruments se composaient d’un ensemble de peignes triangulaires d’environ sept centimètres de long, chacun regroupant une à vingt dents, adaptés aux variétés des tracés : du plus fins au remplissage. Le peigne était accroché grâce à des fibres de bourre de noix de coco sur un manche de bambou pouvant atteindre une quinzaine de centimètre. Les dents de peignes pouvaient être en nacre, en écaille de tortue, en dents de requins ou de cochons sauvages.

   

1. Peigne à tatouer de Tonga. Forment Francina, Tatu-Tattoo, Bruxelles, Musée royaux d’Art et d’Histoire, 2004.

2. Peigne Samoa. Forment Francina, Tatu-Tattoo, Bruxelles, Musée royaux d’Art et d’Histoire, 2004.

3. Battoir de tatouage. Forment Francina, Tatu-Tattoo, Bruxelles, Musée royaux d’Art et d’Histoire, 2004.

 

Dans toutes les sociétés traditionnelles, les modalités techniques sont identiques et partagées par tous les peuples : il s’agit d’injecter le pigment dans le derme grâce à la percussion lancée sur un peigne. En effet, l’artiste trempait d’abord les dents du peigne dans un colorant. Il plaçait ensuite le peigne sur la peau et frappait à petits coups secs avec une baguette de bois. La pointe traversait alors la peau et le colorant se déposait dans la chair incisée.

Instruments de tatouage. Musée de Tahiti et ses îles.

 

Peigne à tatouer tahitien. Forment Francina, Tatu-Tattoo, Bruxelles, Musée royaux d’Art et d’Histoire, 2004

 

Différents peignes à tatouer. Forment Francina, Tatu-Tattoo, Bruxelles, Musée royaux d’Art et d’Histoire, 2004

 

Pour obtenir ce fameux pigment, la combustion de graines de noix de bancoulier était nécessaire. La suie était recueillie et était conservée en poudre, et ensuite diluée dans de l’eau ou de l’eau de coco. Cette fabrication était pratiquée par des hommes experts qu’on l’on appelle Tuhuka patu tiki à Tahiti.

Noix de bancoulier

 

 

 

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