Un héritage ancestral. Des racines du tatouage jusqu'à son expansion contemporaine

Recherche réalisée par Hirirau POU, Wyatt HUNTER, Evrard LIMIK et Moana JENNET.

 

À l’origine, le tatouage polynésien serait issu de la culture du peuple Lapita, qui quitta le sud-est asiatique il y a plus de 4 000 ans. Atteignant les îles Samoa au début de notre ère, ces peuples s’installèrent ensuite aux îles Marquises. Le tatouage traditionnel était encore pratiqué dans les sociétés polynésiennes jusque dans les années 1820. Il fut interdit à Tahiti et aux Marquises par l’administration coloniale, notamment influencée par la présence des missionnaires. Néanmoins, depuis les années 1970, le tatouage connaît un véritable élan, un regain d’intérêt, spécialement le tatouage marquisien. En effet, le tatouage joue un rôle moteur dans l’évolution culturelle de la Polynésie d’aujourd’hui, apparaissant comme un véritable phénomène de société. Malgré cette réappropriation contemporaine, il conserve tout de même certains aspects de cette pratique ancestrale.

 

La légende nous raconte que les dieux de la cosmologie polynésienne pratiquaient l’art du tatouage, sous la tutelle de Tohu, dieu du tatouage et créateur des dessins et des couleurs des poissons. Un jour, pour séduire Hina, que ses parents surveillaient de près, les dieux Mata Mata-Arahu et Tura’i Po sortirent du Po, la nuit originelle, et se présentèrent à elle le corps couvert de dessins bleutés. Hina fut séduite, conquise et enlevée. Les hommes décidèrent alors d’imiter les dieux. Mata Mata-Arahu et Tura’i Po apprirent l’art des motifs imprimés à même la peau. Depuis lors, les hommes sont tatoués, pour s’attirer la bienveillance des dieux et plaire à leurs semblables (Richard Allouche, Tattooage, Papeete, Una'Una Productions, 2000). .

 

Lapita

Schéma possible du peuplement de la Polynésie, Richard Allouche, Tattooage, Papeete, Una'Una Productions, 2000.

Analyser les migrations et l’histoire du peuplement de la Polynésie permet de comprendre l’étendue géographique et culturelle de la pratique du tatouage dans le Pacifique, les singularités propres à chaque archipel, mais surtout des similitudes et ressemblances que l’on peut retrouver entre les motifs ornant les corps des Polynésiens. Malgré le fait que la datation de l’occupation des îles du Pacifique fasse encore débat, il est possible de retracer approximativement le Grand Voyage du peuple Lapita en migration : Vanuatu il y a 3 300 ans, Fidji il y a 3 000 ans, Marquises un millénaire plus tard. Après une pause de quelques siècles, une nouvelle vague migratoire a quitté les Marquises pour explorer le triangle polynésien.

 

 

 

 

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