Une culture interdite

Le tatouage était une coutume pratiquée dans les sociétés polynésiennes depuis toujours. Elle était symbolique et se présentait pratiquement comme un passage obligatoire que tout jeune devait accomplir. Elle était empreinte de sacré, de rites, et d’un profond respect dans sa pratique. Depuis toujours, les Polynésiens ont attaché une grande importance à cette coutume, tant à ses motifs, à ses significations, à ses croyances, qu’à ses pouvoirs. Elle était bien ancrée dans les mœurs de la société polynésienne.

 

Cependant, au xviiisiècle, l’arrivée des missionnaires bouleverse le mode de vie des Polynésiens. A leur arrivée, ils s’opposèrent au tapu, au sacré et aux anciens cultes. Pour eux, la pratique du tatouage, tout comme celle de la danse était obscène. C’est ainsi que ces Européens provoquèrent des changements dans la façon de vivre des Polynésiens, dans leur façon de se tatouer, les privant du rôle social et identitaire du tatouage. Le tatouage commença à être de moins en moins pratiqué, pour finir par disparaître. Pomare signe le code Pomare en 1819, qui stipule alors que le tatouage et d’autres pratiques sont abolis, avec des peines pouvant même aller jusqu’à l’exécution.

 

« Personne ne devra se tatouer. Cette pratique doit être entièrement abolie. Elle appartient aux anciennes et mauvaises habitudes (...) La punition de l'homme sera la suivante : il devra travailler sur une portion de route longue de dix toises pour le premier tatouage, vingt toises pour le second, ou casser des pierres sur une longueur de quatre toises et une largeur de deux toises (...) Pour l'homme ou la femme qui persisteront à se tatouer (...) motifs ou ornements devront être détruits en les noircissant ».

(Extrait du code de loi Pomare, 1819)

 

Extrait du code de loi Pomare, 1819

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