Les objets tressés du passé

  • Des outils de la vie quotidienne

Cet objet est un toi ou herminette collectée à Tahiti, son île dorigine, entre 1791 et 1792, par le lieutenant Dobson, durant le voyage de G. Vancouver sur le Discovery. Longue denviron 48 cm, elle est composée dun manche en bois, dune lame en roche volcanique et dun assemblage de fibres de coco tressées (nape).

Les ligatures en nape étaient très finement tressées et lentrelacement croisé donnait un aspect décoratif à l’outil tout en assurant un emmanchement solide.

Les herminettes étaient les outils indispensables et polyvalents par excellence de la vie quotidienne. Elles servaient à couper les arbres mais aussi débiter des planches pour la fabrication des pirogues et des habitations, ainsi que pour des travaux de sculptures plus fins.

 

  • Des outils de pêche

Avitii auhopu est un leurre à bonite des îles de la Société, cet hameçon de 10,5 cm est dune ingéniosité très particulière. Il est composé de deux pièces en nacre ou en os : la pointe est une pièce rapportée, souvent sculptée dans los et rattachée directement à une ligne solidement tressée dans des fibres de l’écorce interne du roa. Des poils de cochons ou de chien étaient attachés à la base de lhameçon par un lien très finement tressé. Ils contribuaient à attirer les bonites en provoquant de légers tourbillons dans leau comme s’il sagissait des mouvements de queue des petits poissons. Ils permettaient également à la pointe de lhameçon de se maintenir à la verticale.

 

  • Les vêtements

Dans la confection de leurs vêtements, les Polynésiens utilisaient des fibres naturelles -paeore, pu rau, piripiri, pia - finement tressées ou nouées pour former une étoffe. Les polynésiens accordaient une grande importance au vêtements par souci d’élégance ou pour affirmer un rang social. A-gauche un tiputa, poncho de Tahiti. Les fins brins de pandanus sont ici affinés en frange au col et sur le pourtour de la natte. Le tiputa tressé en padanus était porté par des hommes et femmes.

 

Tiputa vêtement en fibre végétale tressées comme pour une natte. Il est porté par Taita, serviteur de Tupaia, Chef de Raiatea en 1769. Gravure d’après S.Parkinson.

 

  • Les ornements

Le tatua est une ceinture en nape des Tuamotu, longue d’environ 5,15 cm, elle est entièrement faite de fibres de bourre de coco minutieusement tressées (nape). Cette ceinture tressée accompagné le tiputa en guise de motifs de décorations.

C’est lors des festivités et de grands évènements que les Polynésiens se mettaient tout particulièrement en valeur avec de somptueuses parure et coiffe, témoignant d’un grand savoir faire mariant le tressage et d’autres éléments naturels (plumes, fleurs, graines, coquillages). Le peue’eu était une coiffe féminine typique de Ua Pou, ornée de multiples dents de marsouin, elles-mêmes entrelacées avec une fine et solide tresse en fibre de coco. Cette coiffe faisait l’objet d’échange entre les habitants de Ua Pou et ceux de Tahuata.

 

  • La musique

Dans la société ancienne, la musique, dont les percussions, accompagnait le quotidien des Polynésiens et jouait un rôle important dans diverses activités sociales, telles que les fêtes publiques, les danses, les cérémonies religieuses. Le trassage intervenait dans le domaine musical surtout à travers les liens, en fibre de coco le plus souvent, qui assemblaient les différents éléments des tambours, les pahu, et dans quelques rares autres instruments. Il existait plusieurs types de pahu aux Marquises. Ces tambours cérémoniels étaient taillés dans des bois tel que le tamanu, le miro ou encore le tou. La peau de tambour généralement en peau de requin, était fixée grâce à un fin jeu de tresses tendues à la verticale par séries de deux et entrelacées autour d’un cerceau de bois. La partie supérieure de cet assemblage était constituée de plusieurs fines tresses torsadées entre elles à l'horizontale autour du pahu.

 

  • Les objets sacrés

Les objets et les reliques sacrés que sont les too, les tii et les toomata, ou encore la corde sacrée de Tane, faisaient grand usage du tressage. Les Occidentaux estimaient qu'ils sagissaient dobjets insignifiants alors que les to'o et toomata restent parmi les manifestations les plus singulières de l'expression religieuses chez les Polynésiens.

Ci-dessous Toomata , les aides-mémoires du musée de Cherbourg.

Originaires des îles Marquises, les toomata sont des aide-mémoire pour la récitation des généalogies. Ils mesurent une trentaine de centimètres de longueur. Ils sont composés d'une enveloppe de fibres de coco tressées dans laquelle sont insérés de petits morceaux de tapa blanc, et dune multitude de liens surmontés de petits noeuds qui leur donnent un aspect « chevelu ». Les noeuds servaient de moyens mnémotechniques pour aider les prêtres récitant à ne pas oublier les étapes à ne pas oublier les étapes dun récit de généalogie ou encore les hauts faits de la vie dune personne importante.

 

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