Matières et gestes : la préparation des fibres utilisées pour le tressage

  • Regard sur les matières utilisées par les Anciens et sur les gestes qui accompagnet leur préparation

Toutes les matières tressées, tissées, lissées, torsadées, proviennent des essences végétales présentes sur les îles de la Polynésie et de quelques matières dorigine animale que sont les poils, les cheveux et les plumes. Ces essences sont indigènes à la Polynésie et ont évolué de façon naturelle comme le cocotier, ou elles ont été importées lors des premières migrations comme le paeore.

Le cocotier et le pandanus étaient les deux essences les plus utilisées dans lensemble des archipels. On les utilisait dans tous les types de tressages : toitures, ligatures, assemblage de charpente, objets utilitaires en tout genre (nattes , visières...), mais aussi objets liés au prestige, au sacré et à la mort. Elles étaient complétées par de nombreuses espèces aux usages divers, telles que le purau pour certains type de cordages, le roseau pour les tresses et les couronnes, le ieie pour la vannerie, le bambou pour pour les panneaux tressées des habitations et le roa pour les cordages.

Afin de former leurs tresses, leurs liens, leurs nattes, les Polynésiens se servaient de feuilles, de lianes,  d’écorces, de fleurs, de tiges, de nervures de feuilles, de fruits Ces matières étaient utilisées à l’état brut,  xomme le kere (tissus fibreux à la basse des palmes de cocotiers). Elles subissaient souvent maintes transformations : trempage, battage, rinçage, lissage, grattage

Outils et accessoires dautrefois pour préparer les fibres : herminettes (pour couper branches, tiges et feuilles); aiguilles (bois, os de chien , de tortue, de baleine , arrêtes de poisson); battoir en bois.

 

  • Regard sur les matières utilisées aujourd'hui et sur les gestes qui accompagnent leur préparation

Les savoir-faire dhier ont été transmis de génération en génération, les gestes des tresseuses du XXIe siècle réactualisent les gestes dantan, à leur manière. Lart de la fabrication des fibres prend racine dans la civilisation du précontact, mais elle a peu évolué de nos jours. Certaines connaissances spécifiques liées à telle ou telle matière se sont perdues, faute d’être utilisées, les besoins au quotidien ont changé, de nouveaux matériaux ont fait leur apparition ou encore de nouvelles modes. Les principales techniques de préparation des matières phares du tressage ont néanmoins perduré, malgré le fait que certains objets de la culture ancestrale ont cessé d’être fabriqués. Certaines spécificités dune île voire même dune vallée se sont transmises de génération en génération en sadaptant parfois à de nouveaux outillages.

Les matières reines sont toujours utilisées pour le tressage cependant de nouveaux matériaux se sont ajoutés, au fil du temps. Le Bolduc, par exemple ou ruban pour emballer les paquets cadeaux, sert à tresser de magnifiques chapeaux aux motifs  ajoutés. Laspect vernissé donne un effet brillant recherché.

Les tresseuses utilisent également des matériaux modernes comme le raphia, le fil à scoubidou ou encore de la toile cirée transparente., du tissu uni pour recouvrir sacs et paniers. Les ouvrages tressés peuvent être décorés de morceaux de nacres, perles, graines, coquillages, suivant l'imagination de lartiste.

Quant au teintures naturelles qui étaient utilisées autrefois pour colorer certaines fibres comme le pandanus, elles sont encore utilisées aujourd'hui mais dans une moindre mesure. En effet, les teintures industrielles sont plus faciles daccès et moins longues en termes  de préparation.

 

  • Les quatre essences les plus courantes