La culture du 'uru en Polynésie française

Le ‘uru est historiquement et culturellement lié au peuple polynésien. En effet, durant la période des grandes migrations en direction de la Polynésie française entreprises vers -300 -200 avant J-C, les peuples nomades d'Asie du Sud-Est se sont déplacés vers l'Est et aventurés sur l'océan Pacifique jusqu'alors inconnu. Ils ont emporté avec eux différentes plantes, dont quelques plants du fameux arbre à pain facilement déplaçable et qui s'adapte à tout type de sol. Le tumu 'uru s’est ainsi répandu en Océanie et a traversé le temps jusqu'à ce qu'il nous parvienne.

La culture du 'uru est prépondérante aux îles Marquises, aux îles de la Société ainsi que dans le triangle Polynésien. Il existe plus de cent-vingt variétés d'arbre à pain dans le monde dont quatre-vingt neuf en Polynésie française, plus ou moins appréciées selon leurs propriétés, la densité de la chair ou encore le temps de cuisson. Il y a cependant quelques variétés de 'uru qui sont plus répandues que d'autres sur le territoire comme :

- le puero (variété très répandue et appréciée),

- le aata (peu apprécié et plus utilisé comme nourriture pour les cochons),

- le apuapua

- le maire (variété à la chair très tendre),

- le matateaoa (fruit qui cuit rapidement cependant au goût fade),

 - le afara (variété très rare et recherchée. Spécimen trouvé dans la vallée de la Fautaua)

- le huero (variété avec des graines grosses comme des noix)

- le taratara (fruit très large avec des petits folioles sur la peau)

- le pae'a (on le trouve dans le district de Paea. Le fruit est ovale et allongé)

- le 'uru taratoni (jacquier : fruit très allongé avec de long folioles)

 

Une légende évoque les origines du uru et souligne bien le lien qui existe entre le fruit à pain nourricier et les sociétés polynésiennes anciennes. Il s'agit de la légende de Rua ta'ata, de sa femme Rumauarii et de leurs quatre enfants, habitants de l'île de Raiatea. Il y a très longtemps alors que Raiatea était ravagée par la famine, Rua ta'ata sortit de chez lui en pleine nuit et implora les atua (dieux) afin qu'ils épargnent sa famille d'une mort certaine. Rua ta'ata prédit à sa femme son futur sort en lui disant « O Rumauarii lorsque tu t'éveilleras le matin, va dehors et tu verras mes mains qui seront devenues des feuilles, mon corps et mes jambes seront le tronc et les branches, ma tête sera un fruit rond et ma langue sera le cœur de ce fruit. Tu feras cuire ce fruit et tu en enlèveras la peau, puis, toi et nos enfants, vous en mangerez. Ainsi, vous ne mourrez plus de faim. » Le lendemain, au lever du soleil, lorsque Rumauarii sorti de son fare (maison) elle vit Rua ta'ata qui s'était transformé en tumu uru afin qu'il ne leur manque plus jamais à manger.

Dans les sociétés polynésiennes anciennes, où la transmission de la culture était majoritairement orale, il existe un pa'a'upata'u, une chanson de gestes en tahitien que l'on apprend encore dès la maternelle et que tout le monde connaît. Elle dit : « E e e, ma'a maitai te 'uru, a tunu ia ama, pahi te pa'a, ta'iri'iri e,ia uaua e, iriti te hune, e'ai te i'o ».

 

Au fil du temps le 'uru a porté différentes appellations :

- 'uru : appellation la plus connue.

- maiore : suite à l'imposition du tapu (interdit/sacré) sur le mot « 'uru » par le roi Mahoru de Raiatea, les Polynésiens ont dû nommer autrement le fruit par respect pour le roi.

- mei: nom donné au fruit par les Marquisiens.

Cet arbre est très apprécié par les peuples polynésiens car il n'est pas difficile à planter, soit par bouturage des racines ou bien encore par marcottage des branches. On aura tendance à le laisser se développer seul car, l'une des autres façons de faire pousser l'arbre à pain est de laisser s'étendre ses racines jusqu'à ce qu'elles sortent de terre d'elles-mêmes.

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