Les Polynésiens et la pêche

Recherche réalisée par Hoel CALVET, Soumia KADOUCI et Tareva TAITI.

 

La Polynésie française compte 118 îles hautes ou atolls réparties en 5 archipels que sont la Société, les Tuamotu, les Gambier, les Australes et les Marquises. Ces dernières sont disséminées sur près de 5 millions de km² d’espace maritime et représentent seulement 4200km² de surfaces émergées. Ces larges étendues marines aux nombreux récifs et lagons sont des terrains propices à l’évolution et à la diversification des techniques de pêche. Que ce soit en haute mer, sur le bord d’un platier récifal, dans un lagon ou dans l’embouchure d’une rivière, les déclinaisons possibles des techniques de pêche d’antan tendent vers l’infini.

De fait, les principales activités des populations dans cette partie du monde sont naturellement tournées vers la mer avec, en particulier, la pêche. A l’origine, ces peuples sont venus d’Asie il y après de 6 000 ans et sont appelés par les archéologues, les Austronésiens, peuple ancestral du triangle polynésien mais aussi d’une partie de l’arc de la Sonde en Asie du sud-est. Ce peuple, probablement venu de Taïwan, prit la mer en direction de l’Océanie orientale. Ce n’est qu’en 300-200 avant J-C qu’ils atteignirent, à partir des Tonga et des Samoa, les archipels de l’actuelle Polynésie française.

Ils partirent à bord de pirogues doubles suffisamment larges pour accueillir des animaux tels que des cochons, des chiens et des coqs, ainsi que des plantes, notamment des tubercules nécessaires à leur alimentation. Ce peuple de la mer, était doué en matière de navigation et de pêche. Ils utilisaient les éléments naturels tels que les astres, les vents, les courant marins et les animaux, en particulier les oiseaux, pour s’orienter en mer et pêcher des victuailles.

Au cours de leur voyage, ils ont su s’adapter et ont développé des techniques de pêche indispensables à leur survie en milieu insulaire et spécifiques au nouveau territoire s’ouvrant à eux. Au vu de cette diversité et de cette complexité de savoirs, il est fort probable que ces peuples aient fait des rencontres auprès d’autres groupes d’individus et que des réseaux d’échanges entre eux se soient organisés.

Ces individus utilisaient les ressources naturelles dont ils disposaient pour confectionner leurs équipements de pêche. En effet, les archéologues ont retrouvé des hameçons confectionnés à partir d’os d’animaux comme le porc, puis, plus tardivement, ils ont découvert des hameçons conçus à partir de nacre. Aussi, des ethnologues ont prouvé qu’ils utilisaient également des matières périssables telles que le bois et les fibres végétales pour la confection de leurs outils de pêche.

Les techniques de pêche peuvent être considérées comme un patrimoine culturel immatériel polynésien, dans le sens où celles-ci nous sont connues grâce à la transmission orale des savoirs, qui s’effectue de génération en génération au sein des populations. Aujourd’hui, les techniques ancestrales demeurent malgré les évolutions de la société. Les savoirs, les techniques et certaines coutumes liées à la pêche sont connus et sont encore d’actualité, même s’ils sont améliorés grâce aux outils de pêche dont nous disposons aujourd’hui.

Aussi, les travaux des scientifiques dans bon nombre de disciplines ont permis de maintenir et de transmettre les savoirs ancestraux des techniques de pêche qui étaient utilisées. Ce patrimoine quotidien d’hier demeure encore aujourd’hui.

Enfin, les usages et les techniques de pêche nous sont connus par la transmission orale des anciens Polynésiens, ce qui nous permet de garder des traces de cet héritage et de le faire perdurer malgré les évolutions de nos sociétés. Car même si les temps changent et que les techniques évoluent, certaines pratiques, aujourd’hui, s’inspirent encore du patrimoine oral et des savoirs ancestraux.

 

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