La pêche et la gestion des ressources aux temps anciens

Les principaux types de pêche utilisés aux temps anciens étaient la pêche à la bonite ou tira, la pêche à ligne de fond ou hi’raro, ainsi que la pêche lagonaire et ses différentes déclinaisons.

La pêche côtière

 

  • La pêche au tira

a pêche au tira ou pêche à la bonite consistait en la capture des bonites et autres thonidés grâce à un leurre façonné dans la nacre. Pour se déplacer,  les pêcheurs se servaient  de pirogues légères  très maniables et rapides et se servaient des vols d’oiseaux pour localiser les bancs de poissons.

 L’efficacité du leurre était liée en partie à la couleur de la nacre que le pêcheur faisait varier suivant les alevins présent au large.

            La technique consistait rapprocher la pirogue du banc de poisson repéré au préalable grâce au vol d’oiseaux.  La difficulté de cette technique réside dans l’approche : en effet, il faut réussir à s’approcher des poissons sans les faire fuir.

Aussitôt la manœuvre effectuée, il faut faire preuve de rapidité et d’agilité. Les leurres de nacre étaient lancés à l’eau avec un jet de ‘ouma, (MulloidichtysauriflammaForsk) ce sont des petits poissons qui servaient d’appâts vivants. L’ingéniosité de cette technique permettait de remonter une quantité importante de poissons en peu de temps.

 

Fabrication des hameçons en nacre, des Marquises Fouilles de Y.H. Sinoto.

 En haut: lime en corail et en radiole d'oursin.

Au centre: ébauches d'hameçons simples à différents stades.

En bas : hampe d'hameçon à cuiller pour la pêche à la bonite et pointe de type ancien.

Sources : LAVONDES A (1971) Le polynésien et la mer

 

  • La pêche à ligne de fond ou hi'raro

La pêche à ligne de fond est utilisée pour des prises plus conséquentes.

Celle-ci consistait à se rendre en pirogue sur un « trou à thon ». Cette zone comportait les caractéristiques d’un fond marin favorable à la concentration de thonidés de grande taille. Les anciens utilisaient des repères terrestres  tels qu’une montagne, un grand rocher ou bien une vallée pour localiser ces crevasses.

Pour amorcer la ligne à main de fibre végétale, un petit poisson était utilisé comme appât ;  il s’agissait souvent d’un chinchard (Ature – Selarcrumenophthalmus) ou bien d’une carangue maquerau (Operu – Decapterusmacarellus) placés avec l’hameçon sur un galet de plage qui servait de plombs de pêche. Ce dispositif se termine par un nœud coulant.

Par la suite, il fallait enrouler en plusieurs fois le galet avec la ligne tout en y ajoutant des miettes de poissons pour attirer les prédateurs. Une fois terminée, la ligne était descendue entre 50 et 200 mètres de profondeur et en même temps, le pêcheur effectuait de légères secousses permettant ainsi de libérer l’appât et les miettes pour attirer les prédateurs. Avec cette technique, les prises pouvaient atteindre plus de 40 kilos.

 

Images illustrant la technique de la pêche à la ligne de fond et du repérage d’un banc de poissons par vols d’oiseaux.

Source illustration : FAO.org

 

 

  • La pêche au harpon

La pêche au harpon nécessite une grande adresse pour celui qui la pratique. Les harpons utilisés étaient fabriqués avec des essences de bois solide comme le aito dans les îles hautes de la Société et le mikimiki dans les atolls des Tuamotu-Gambier.

Ce type de pêche était principalement effectué la journée, car la luminosité permettait d’entrevoir les proies. Néanmoins, il arrivait qu’elle soit pratiquée la nuit sur les récifs à l’aide de flambeaux pour éclairer les trous où dorment les poissons.

 

Pêche au harpon

Source : O’REILLY P. (1975) Tahiti aux temps des cartes postales

 

 

 

 

La pêche lagonaire

 

Auparavant, la société polynésienne était structurée en différents statuts et classes sociales. Il y avait, les ari’i (les grands chefs), les raatira (les chefs plus proches du peuple) et les manahune (les classes inférieures du peuple). Toutes ces classes confondues pratiquaient la pêche en milieu lagonaire.

Celle-ci était réglementée par des interdits, des tapu et des rahui promulgués par les chefs (ari’i) ou bien par un conseil d’anciens. Cela permettait de protéger les espèces de poissons réputées en vue de festivités. Certaines espèces étaient uniquement accessibles aux classes supérieures, c’est le cas notamment de la tortue. D’autres espèces telles que la carangue à grosse tête étaient considérées comme prestigieuse et consommée lors des rituels sur les marae. Des traces d’arrêtes de grandes tailles sur les marae ont confirmé la consommation de ce poisson.

La pêche lagonaire est diverse et variée et se décline de différentes façons à cette époque.

  • La pêche à pied

La pêche à pieds consiste à ramasser des coquillages en bordure de plage ou sur le récif. Il arrivait parfois que le pêcheur fasse des prises imprévues ; des crustacés, des poulpes.

  • La pêche à la ligne

La pêche à la ligne cible des prises de tailles variables suivant les espèces recherchées et en fonction de l’outillage utilisé. Les lignes de pêches étaient le plus souvent confectionnées à partir de fibres végétales tressées et accompagnées d’hameçons précis en fonction de ce que les pêcheurs cherchaient à attraper. Ces hameçons étaient faits soit à partir de l’aito (bois de fer), soit du mikimiki notamment dans les atolls. Les matériaux étaient très résistants et permettaient de capturer des requins et de grosses carangues réputée pour leur puissance au combat.

 

Hameçon à requin en bois de Pemphis acidula ou mikimiki  Tuamotu. 16.6cm

Sources : LAVONDES A (1971) Le polynésien et lamer

 

  • La pêche aux filets

            Dans l’archipel de la Société, on utilisait des filets de 10 à 120 mètres de long et de 2 à 24 mètres de profondeur. Ceux-ci étaient faits avec la fibre de l’écorce du roa et du purau. Pour réaliser les mailles du filet, les pêcheurs utilisaient des aiguilles et du bambou. Les flotteurs à la surface étaient faits à partir de bois de purau bien sec, et étaient sculpté de façon à avoir un objet cylindrique, puis percés pour être rattachés au filet. Enfin, pour les plombs ils utilisaient des pierres enveloppées dans du tapa.

            Les pêcheurs repéraient les zones poissonneuses à l’œil nu, et étaient compétents pour localiser les bancs de poissons grâce notamment à leur expérience.

            La pêche aux grands filets nécessitait du bon matériel de pêche, mais aussi une bonne équipe de pêcheurs sous la direction d’un chef de pêche, souvent un ancien.

            La stratégie consistait à former un cercle avec les filets afin d’emprisonner les poissons et de les rabattre vers la plage. Une fois ceci fait, les pêcheurs, avec l’aide de la population, ramenaient les filets depuis la plage. Si la pêche était fructueuse, elle était partagée entre les pêcheurs et la population qui y participait. La plus grande part du butin, revenait bien souvent au propriétaire du filet.

Pêche au filet

Source : O’REILLY P. (1975) Tahiti aux temps des cartes postales

  • Les parcs à poissons

Les parcs à poissons, servaient à réaliser une sorte de réserves naturelles, de garde-manger. Ils étaient construits près des chenaux ou bien aux abords des passes. Ils étaient conçus à partir de pierre, de coraux et de bois. Les poissons qui étaient pris au piège dans le parc étaient par la suite prélevés suivant les besoins et les festivités.

 

Parc à poissons traditionnel aux Tuamotu.

Source : Direction des Ressources Marines et Minières.

 

 

 

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