Symbolique et rituels autour de la pêche

Selon Eric CONTE, « Les premiers occupants de la Polynésie française, issus de ces populations qui colonisèrent les îles du Pacifique, avaient donc une fréquentation millénaire de la mer et de l'exploitation de ses ressources. La mer, pourvoyeuse de nourriture bien sûr, mais aussi espace d'aventures imprégnant l'imaginaire, les croyances, les formes d'expressions esthétiques […] » (Eric CONTE, « Pêche ancienne aux requins à Napuka (Tuamotu) » in Bulletin des études océaniennes, N238, tome XX- N°3, 1997 ).

De ces croyances découlent des mythes et des rites propres aux peuples du Pacifique et notamment à chaque archipel. Ces croyances font intervenir des divinités de la mer telles que Ruahatu, Tuaraatai et Tahauru ou bien des ancêtres déifiés, à qui le pêcheur devait sa chance ou son manque de succès.

 

Jadis les rites s’accomplissaient sur les marae, où l’on apportait les prémices en début de saison. On observait les tapu, les prières lors des sorties dangereuses, ou le passage dans la fumée pour se purifier avant et après certaines pêches.

Par exemple, des pratiques rituelles étaient effectuées durant une saison précise, notamment celle des « pierre à poissons » à Maupiti. Utiliser une pierre à l’effigie d’une espèce de poisson, comme la bonite ou le thon, permettait de l’attirer. Ces pierres étaient manipulées par un tahu'a tautai, un prêtre ou spécialiste de la pêche. Lorsqu’il orientait la pierre vers la terre, le banc de poissons se rapprochait du rivage, et une fois la pêche terminée, la pierre était tournée vers le large et le banc s’éloignait alors des rives.

Aux Tuamotu durant la pêche au requin, les pêcheurs devaient procéder à des rituels et des interprétations du comportement du requin pêché. Pour attirer un requin et l’exciter le pêcheur devait jeter trois pierres dans un certain ordre et en un sens précis tout en récitant une prière à Tu Horo Punga. Ces pierres avaient pour intérêt de repousser les mauvais esprits de surface en profondeur permettant au pêcheur d’avoir des prises. Concernant le comportement du requin, les pêcheurs disaient que s’il ne cessait de sauter hors de l’eau après avoir mordu à l’appât, c’est que le requin était habité par l’esprit d’un défunt. Le pêcheur devait alors effectuer des pratiques d’exorcisme pour l’en défaire.

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