Trucks et réseau de transport en commun

La Polynésie Française vit économie se transformer à grande vitesse après l’installation du Centre d’Expérimentation du Pacifique en 1963. Tahiti connût un réel accroissement urbain, une extension urbaine linéaire le long du rivage et une polarisation des activités à Papeete. S’en suivit une augmentation du nombre de véhicules qui rendit le stationnement en plein centre-ville de plus en plus difficile et qui posa un problème d’engorgement des rues de plus en plus denses. La mise en place d’un réseau de transport en commun devint évidente et urgente.

C’est tout naturellement que les trucks organisèrent le transport des personnes sur des lignes régulières à Tahiti. Les itinéraires des trucks furent déterminés par le « Plan des transports routiers de voyageurs » en 1977 (texte publié au Journal officiel).

 Le Truck pris une place essentielle dans les échanges intra-îles. En effet, de plus en plus nombreux, ils permettaient aux gens de voyager à travers toute l’île, que ce soit sur Tahiti ou dans d’autres îles de la Polynésie française. D’importants flux de  services, de marchandises, d’informations et d’hommes s’organisèrent grâce aux trucks, d’où le rôle fondamental de ce moyen de transport pour Tahiti et son développement.

 

Toutefois, malgré une tentative du gouvernement de régulariser et d’organiser les lignes de transports en commun, de nombreux problèmes que pouvaient poser les trucks furent relevés au fil des années. Il s’agissait surtout de problèmes de sécurité :

  • L’arrière des trucks ne disposaient pas de porte à l’arrière. Cela risquait d’engendrer des chutes lorsque l’engin démarrait ou s’arrêtait de manière brutale. Une chaîne amovible aurait été utile mais elle restait trop peu utilisée.
  • L’absence de communication depuis la cabine du chauffeur et les passagers à l’arrière obligeait ces derniers à se pencher depuis les fenêtres de Plexiglas pour payer leurs trajets.

Les stationnements réservés aux trucks n’étaient que peu respectés par les chauffeurs et les passagers. L’arrêt des trucks étaient demandé à n’importe quel endroit et moment. D’autant plus que les « arrêt autocar » étaient peu nombreux autour de l’île. C’est donc le Code de la Route qui était ici enfreint.

 

D’autre part, Tahiti, étant devenu « un vaste territoire urbain sous l’influence de Papeete », a été stigmatisé par une urbanisation qui fut mal maîtrisée (Olivier Bon, L’insoutenable développement urbain de l’île de Tahiti : politique du « tout automobile » et congestion des déplacements urbains, 2005). D’autant plus que l’île a baigné dans une politique des transports principalement basée sur la mise en place d’infrastructure de type voies rapide. Les trucks ne pouvaient plus répondre de manière efficace à l’évolution et à la modernité, ainsi qu’à la demande toujours plus croissante de la population. C’est donc dans ce contexte principal d’évolution de la morphologie urbaine de Papeete que les trucks commencèrent à s’effacer du paysage polynésien, pour laisser place aux grands bus que l’on connaît aujourd’hui.

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×