Notre projet

Les étudiants de licence deuxième année des filières Histoire, Géographie et aménagement, et Environnement Océanien de l’Université de la Polynésie française ont travaillé sur la thématique du « Patrimoine polynésien du quotidien », dans le cadre de l’unité d’enseignement 4.1 intitulée « Conservation du patrimoine », sous la direction de Nathalie Szczech, Maître de conférences en histoire moderne.

La notion de patrimoine est complexe et évolutive. Elle reflète le choix, les attentes, les centres d’intérêts des sociétés humaines à travers le temps. La notion de patrimoine recouvre, à l’origine, une réalité privée. Dans l’Antiquité romaine, le « patrimonium » désignait les biens de la famille destinés à être transmis aux générations futures.  A partir de la fin du xviiisiècle, l’idée qu’il existe un héritage collectif à protéger fait jour. Le patrimoine devient commun et mobilise des acteurs de la société pour sa conservation et sa transmission. Dans nos sociétés contemporaines, le patrimoine représente l’ensemble des biens matériels ou immatériels, dont on considère qu’ils ont une valeur culturelle et qu’ils doivent, à ce titre, être conservés et légués aux générations futures. Aujourd’hui, on parle même de patrimoine mondial, pour désigner des biens ou des pratiques culturelles qui ont une valeur universelle, qui sont choisis chaque année par l’UNESCO et que cette dernière aide les Etats à protéger.

Forts de ces réflexions, les étudiants se sont intéressés au patrimoine polynésien et aux questions que soulèvent sa transmission et sa valorisation. Les étudiants ont abordé de manière plus approfondie la question du patrimoine culturel immatériel et des éventuels supports matériels sur lesquels certaines pratiques culturelles peuvent reposer. Selon l’UNESCO, « Le patrimoine culturel ne s’arrête pas aux monuments et aux collections d’objets. Il comprend également les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants, comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ou les connaissances et le savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel. » Le patrimoine immatériel est « traditionnel, contemporain et vivant à la fois », « inclusif », « représentatif » et « fondé sur les communautés ». http://www.unesco.org/culture/ich/fr/qu-est-ce-que-le-patrimoine-culturel-immateriel-00003

Les étudiants ont plus précisément choisi de cibler des pratiques culturelles représentatives du patrimoine polynésien du quotidien. Il s’agissait en effet de montrer que le patrimoine n’a pas forcément une dimension artistique, ne relève pas forcément non plus d’une initiative des pouvoirs, mais que des pratiques quotidiennes peuvent aussi être patrimoniales et mériter, à ce titre, d’être protégées et valorisées aujourd’hui.

Quelles pratiques culturelles peuvent-elles être caractéristiques du quotidien polynésien ? Dans quelle mesure constituent-elle un héritage transmis par les anciens Polynésiens et plongent-elles leurs racines dans le passé ? Que sont devenues aujourd’hui ces pratiques, ces savoir-faire ancestraux ? Sont-elles toujours vivantes ? Comment sont-elles transmises et comment évoluent-elles dans notre société contemporaine ?

Pour répondre à ces questions et conduire leurs recherches, les étudiants se sont divisés en dix groupes. Chaque groupe a choisi une pratique culturelle qui leur a semblé être caractéristique du patrimoine polynésien du quotidien et a réfléchi aux groupes qui en sont les porteurs, aux objets qui peuvent en être les supports ou aux lieux qui leur servent de cadre. Le but était de réaliser un poster et une notice explicative présentant chaque sujet, en donnant une profondeur historique à la réflexion. Les étudiants se sont ainsi demandé quelle place les pratiques culturelles choisies avaient dans les sociétés polynésiennes anciennes, en quoi ces pratiques relevaient d’un mode de vie quotidien dans ces sociétés et dans quelle mesure on pouvait aujourd’hui les considérer comme des éléments importants du patrimoine culturel polynésien. Chaque groupe s’est aussi posé la question de la transmission de ces pratiques culturelles : des ruptures dans cette transmission ont-elles eu lieu, quand, pourquoi ? Comment, par quels canaux, ces pratiques culturelles sont-elles transmises aujourd’hui ? Y a-t-il des processus de réappropriation, de réinvention de certaines pratiques dans notre société contemporaine mondialisée ?

Les pratiques culturelles abordées ont été choisies par les étudiants et constituent donc leur regard sur le patrimoine polynésien et leur analyse de ce qui est caractéristique, selon eux, du mode de vie polynésien.

Les thèmes choisis sont les suivants :

  • Le ‘orero
  • Le mono’i
  • La navigation traditionnelle
  • Les techniques de pêche
  • Les ra’au Tahiti
  • Le tapa
  • Le tatouage
  • Le tressage
  • Les trucks
  • Le ‘uru

 

Afin de valoriser le fruit de leur travail, les étudiants organisent une exposition intitulée « Hiro’a Tupuna : Regards sur le patrimoine polynésien du quotidien ». Cette exposition sera visible à la Bibliothèque de l’Université de la Polynésie française, du 4 au 28 mai 2016.

Un vernissage sera organisé le 10 mai à 11h30. Les stands d’exposition seront décorés et animés par les étudiants, qui pourront présenter leurs recherches et vous attendent dans la joie et la bonne humeur. Venez nombreux !

 

Où ? : A la Bibliothèque Universitaire

Quand ? : Du 04 mai au 28 mai 2016

Le vernissage : Le 10 mai à 11h30

 

Les étudiants de Licence 2e année d’Histoire, Géographie et aménagement et Environnement Océanien.

Dossier de presse réalisé par Hoel CALVET, Soumia KADOUCI et Tareva TAITI.